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Toi, l'obscurité : le chant amer de notre extinction

MAG se réjouit de continuer une série de publications sur Haïti, commencée sur MAD.MAG avec l’article faisant écho du récent incendie de l’emblématique Marché En Fer de Port-Au-Prince.


Haïti, ancien sujet de recherches et lectures de Mademoiselle Mag, nous emmène cette fois-ci du coté de la littérature. Avec le roman Toi, l’obscurité (1995), de l’auteure cubaine-portoricaine Mayra Montero, on se rend dans les Caraïbes pour explorer les mystères de la catastrophe écologique et sociale qui longe les péripéties de la rencontre inter-culturelle.


Le son de l’effondrement

Un astrologue tibétain a prédit à Martha que je périrais dans un incendie”, raconte l’un des protagonistes, invoquant le souvenir soudain de cette prédiction annoncée par son épouse, dans la première phrase du roman. Pour Victor Grigg, éminent erpétologiste (spécialiste des batraciens) nord-américain, la rupture avec sa femme Martha s’annonce implacable; comme le constant dans l’horizon d’un grand orage à venir.


Essayant de faire preuve de dignité face à cet abandon, car Martha -déduit-il à travers d’indices- a entrepris une relation avec une autre personne (une femme qui est académicienne comme elle), Victor accepte une mission professionnelle d’importance. Les batraciens semblent avoir rentrés dans une phase de mystérieuse extinction tout au long de la terre. Personne ne parvient à comprendre pour quelles raisons cette disparition a lieu, cela ayant été observé dans des milieux où apparemment aucun paramètre n’aurait changé, où aucun danger ne serait présent.


Lors d’un voyage à Nashville pour participer d’un congres, Victor est convoqué par l’éminente figure des erpétologistes, l’australien Vaughan Patterson. Atteint d’une leucémie, Patterson commit Victor de partir à la recherche d’un spécimen de l’Eleutherodactylus sanguineus (grenouille de sang), qui serait sur le point de disparaitre de la planète lui aussi. Il essaye ainsi de localiser celle qui sera peut-être la dernière grenouille de ce type encore vivante, dans le seul endroit où elle pourrait hélas se trouver: le Mont des Enfants Perdus, en Haïti. Tandis que Victor comprend que Martha a planifié un voyage avec sa copine/amant Barbara (sans avoir arriver à l’avouer à son mari), Victor part en Haïti sans lui donner aucune information non-plus.


Arrivé dans le pays des Caraïbes, Victor rencontre Thierry Adrien, un natif de Jérémie, fils et petit-fils des plus grands chasseurs de zombies de l’île (les mythiques pwason rat) qui lui servira comme guide dans sa recherche. Ce partenariat fera la trame d’une rencontre inter-culturelle taciturne, qui traverse le roman. L’un, porteur de la tradition scientifique occidentale académique. L’autre, actif héritier des traditions afro-locales, du vaudou et de la société secrète Abakuá. Mais, tout deux, aussi porteurs de différences quant aux manières de mener les relations interpersonnelles.


Une fois que Victor et Thierry arrivent dans le Mont des Enfants Perdus, très vite, la quête de la grenouille de sang se complique par effet de différentes présences. L’apparition, initialement seulement perçu par Thierry, de loas (divinités), véritables maitres de ces parages, ainsi que des éléments de la nature qui font partie de cette cosmologie qui se manifeste. Le message que ces présences font comprendre est qu’ils doivent partir s’il veulent rester en vie. Malgré la résistance de Victor d’abandonner les lieux et donc sa quête, l’apparition de cadavres affichés par ces loas les forcent à fuir.


Victor descend ainsi à Port-Au-Prince, où des inconnues le suivent dans la rue pour finalement le passer fortement à tabac, puis lui voler ses papiers et ses documents. En tant qu’étranger, Victor est perçu comme une menace sur l’île. Malgré ceci, Victor persiste dans sa mission, décidant même de prolonger son séjour dans le pays. Dans cette décision, on ressent l’eco de cette impossibilité de quitter Haïti qui est raconté dans d’autres romans du pays. Une espèce de sortilège qui s’emprise du visitant occidental, qui passe d’être abasourdi à être fasciné. Mais, c’est à partir de ce moment là, que les forces obscures se déchaînent encore plus dans ce roman. La présence des tonton macoute, brutale force armé du régime de François Duvalier (Papa Doc) sème l’île de cadavres mutilés exhibés dans les rues, brule des personnes vivantes (y compris des femmes/femmes enceinte et enfants).


Néanmoins Victor ne va pas abandonner sa recherche, repoussant dans un avenir incertain le besoin de régler la situation avec son (ex)femme. Ce qui le pousse à prolonger indéfiniment son séjour en Haïti, et ainsi à developper une sorte d’amitié avec le guide, Thierry. Cet Autre, qui lui paraissant si lointain au début, avec ces superstitions et ces arguments surnaturels, avec qui le partage des circonstances survenues, et peut-être, d’une identification plus profonde que la mutuelle connaissance laisse emerger, va rapprocher. Thierry et Victor avancent ainsi vers un destin commun, dans lequel se mêle la malédiction de l’extinction des batraciens et la catastrophe dans laquelle plonge, comme un écho de celui là, tout Haïti. Une catastrophe qui semble atteindre à tous ceux qui essayent de survivre dans l’île, et face à laquelle touts être confondus sont horrifies, comme l’exprima Victor en entendant le chant de la dernière grenouille de sang retrouvée vivante: “cette revendication solitaire d’un territoire, cette stupeur du monde, ce perpétuel chant horrifié”. La prédiction de l'auteure, comme celle de Martha au debut du roman, et sombre. C'est le personnage de Thierry qui l'exprime ainsi vers la fin du livre, en disant: peut-être, il ne restera bientôt plus que les os, dans cet endroit.



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