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En terre étrangère : Le château de Kafka reprend vie

Comment peut-on réussir l'adaptation d'un roman au cinéma? MAG revisite Le château, de Kafka, dans la version filmique que Haneke réalisa pour la télévision. Magistrale mise en scène de l’aliénation de l’individu face à la bureaucratie, il s’agit d’une oeuvre inachevé du grand écrivain pragois de langue allemande. Son protagoniste, K, se bat pour établir contact avec les fonctionnaires d’un village mystérieux gouverné par le “château”, autorité totale et diffuse, qui demeure hélas inaccessible.


Le château, adaptation de Haneke du célèbre roman inachevé de Kafka, met en scène les mésaventures de K, dans sa recherche de contacter les autorités d’un village sous le joug du château. Ainsi tente-t-il d’officialiser son statut d’arpenteur. Mais, les fonctionnaires du bourg demeurent inaccessibles quoi qu’il essaye.


Qu'est-ce qui est important au moment de faire une adaptation d'un roman au cinéma? Comment pouvons-nous réussir cette procédure? La question devient encore plus interessante lorsque le roman qu'on veut adapter est un chef-d'œuvre, comme l'est Le château, de Franz Kafka.


Kafka commença l’écriture de ce texte à la station de Spindlermühle (aujourd'hui en République Tchèque), le 22 janvier 1922. Il s’installa de suite près du château de Prague, dans une petite chambre sombre, où il continua d’écrire cette oeuvre, considérée comme un des romans les plus importants du XXème siècle. Ce travail demeura inachevé, s'étant arrêté au milieu d’un phrase. L'écrivain mourra peu de temps après.


L’oeuvre de Kafka, publié en 1926, est reprise par le réalisateur autrichien Michael Haneke (le titre original du film est Das Schloss) en 1997, dans un adaptation sous la forme de téléfilm.


UN DÉBUT QUI N'EST PAS UN COMMENCEMENT


L’irruption maladroite en pleine nuit de K, dans un village frappé sans répit par le vent et la neige, donne le ton à ce qui suivra: c’est à dire, à tout ce qui ne pourra jamais s’achever. De cette même façon, inattendue, émerge de suite l’apparente désignation de notre protagoniste pour accomplir un mandat de travail équivoque. Opportunité qu’il saisi sans hésiter, affichant cette expression faciale minimaliste de désespoir, et en même temps d'indolence, qui le hantera désormais dans sa quête affolée. L’expression de celui qui doit se remettre aux contrariétés absurdes de l’existence pour survivre dans un milieu hostile, autant qu'absurde. K se verra confronté à l’autorité inaccessible du château, auquel tout le village répond à travers des justifications de l'ordre établi qui tissent des labyrinthes discursifs sans commencement ni fin. Comme dans les structures de hiérarchie et de pouvoir que Kafka si bien savait dépeindre, l’absurde et le banale forment alors un mélange infernal. C’est ainsi que K se précipite dans les halles circonscrites du bourg (suivi dans des successifs travellings transversaux par le réalisateur), pour atteindre le château invisible de son désir. Un but sans issue, duquel il essaie de se rapprocher presque comme un lumpen essayant de trouver son morceau de gâteau bureaucratique. Le héros déchu de K et ainsi à la fois victime et provocateur de tourments, génialité de contradiction que Kafka et Haneke reprennent avec subtilité.


Haneke réussi les périls de l’adaptation de cette grande oeuvre littéraire au film grâce à la bonne utilisation des ressources cinématographiques, ainsi qu’à la décision de rester très proche du texte orignal. Ce qu’il accomplit avec un emploi du texte à travers de la voix off. Une voix narratrice en troisième personne qui nous conduit à l’identification avec la subjectivité de K à travers ses tourments. “Vous n’êtes pas du château. Vous n’êtes pas de ce village. Vous n’êtes rien. Vous n’êtes malheureusement rien qu’un étranger, quelqu’un qui est en trop..:”, est une des réponses qu’on donne à K dans le cours de sa mission.


Le sous-titre du film: “Récit incomplet de divers voyages” indique assez bien la façon dans laquelle Haneke à structuré le film. Des chapitres qui finissent un peu abruptement avec des brefs écrans noirs, cassent les marches interminables de K à travers le village enneige et en perpétuelle nuit. Suivent des images récurrentes d’intérieurs inconfortables, où les personnages persistent dans leur existence. K est dans cette ambiance un réfugié. Un étranger du village ainsi que de l’existence, pris dans l’angoisse du non-sense. On ne verra jamais le château, tel qu'il lui arrive au protagoniste. Voila comment le narrateur nous raconte (en off) l'état dans lequel se trouve K, dans un des passages que Haneke à choisi de reprendre tel quel du texte original: “Ainsi passèrent des heures. Heures dans lesquelles K sentait constamment qu’il se perdait ou qu’il était en terre étrangère, comme personne ne l’avait été auparavant. Une terre dans laquelle l’air même qu’il respirait ne lui appartenait pas. Un air dans lequel il devait s’asphyxier dû à son étrangeté. Un air dont ces attractions ne vous permettraient de faire autrement que de continuer. Continuer jusqu’à vous perdre”.


UNE FIN QUI NE FINIS PAS


Le film se termine comme le livre inachevé de Kafka: au milieu d’une phrase. Un dénouement magistral (et plein d’angoisse) pour le sujet labyrinthique de la bureaucratie et la violence des relations sociales hiérarchiques: pour signaler l'absurdité des contraintes sociales, l'angoisse permanente et la sensation d'étrangeté. Des thèmes sur lesquelles Kafka est devenu le maitre, à travers ses descriptions critiques débordantes de lucidité. L’aliénation face à l’absurde de nos systèmes: quelque chose qui peut mener à la folie, retrouve ici un écho.

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